Dans la lignée de sites spécialisés comme Doctissimo, les géants d'internet se préparent à investir le secteur de la santé. Le ministère, qui tarde à déployer le dossier médical personnel, cherche à encadrer cette « e-santé ».
Google et Microsoft aux Etats-Unis, Lagardère et Orange en France : ils en font tous un axe fort de développement. Ces derniers jours, deux événements sont venus confirmer le poids important que tend à prendre la santé sur internet et dans les nouvelles technologies. Le Cebit de Hanovre, le plus grand rassemblement high tech au monde, s’est ainsi achevé dimanche en accueillant le salon « Telehealth », qui présentait les « dernières évolutions dans le domaine des soins médicaux informatisés ». Peu avant, une conférence « Health 2.0 » se tenait à San Diego en Californie pour discuter des avancées de la santé sur internet.
Le nom de cette dernière conférence ne tient pas du hasard. La santé et le web 2.0, qui se fait fort de donner le pouvoir à l’internaute, font en effet bon ménage. Le vainqueur dans la catégorie « Meilleure start-up de l’année » des Crunchies, ces récompenses organisées en janvier par le site internet TechCrunch, n’était pas cette année un énième service de chat ou de vidéo mais iMedix, site internet combinant une base de données sur la santé et un véritable réseau social d’entraide. En plus de se documenter, les internautes peuvent aussi suivre l’évolution de ses bobos ou de ses maladies, puis partager conseils et expériences.
Cette activité a fini par attirer l’attention des géants de l’internet. Les inséparables Google et Microsoft déploient chacun de leur côté un ambitieux service de dossier médical partagé. Testé auprès de la Cleaveland Clinic, Google Health permet de gérer ses rendez-vous ou ses prises de médicaments, et surtout d’accéder partout à ses données médicales pour les transférer facilement aux différents services. Microsoft HealthVault promet lui d’aider l’internaute à « mener une vie plus saine » en surveillant le poids, la pression sanguine, l’endurance et en donnant accès à des conseils de partenaires. Le service sera proposé d’ici deux ans en France.
Le dossier médical personnel en retard
Il devrait venir compléter le Dossier médical personnel officiel. Piloté par le gouvernement, ce projet vise à centraliser toutes les informations médicales reçues par le patient pour faciliter les transferts entre médecins. Seulement, les retards s’accumulent, devant les exigences de sécurité et le coût d’une telle informatisation. En Europe, les établissements de soins consacrent en effet encore moins de 2% de leurs investissements à l’informatique. La hausse devrait être toutefois de 6,9% en 2008, pour un marché de 6,5 milliards d’euros, selon IDC. Une des raisons pour lesquelles France Télécom souhaite « aller chercher plus de croissance » dans ce secteur.
Sans attendre le DMP et les diagnostics à distance entre patients et médecins, la France s’est pourtant déjà pris au jeu de l’ « e-santé ». En témoigne le succès des sites spécialisés comme Doctissimo, dont le groupe Lagardère vient d’acquérir 53,3% du capital, le valorisant 138 millions d’euros. Cet engouement inquiète d’ailleurs les professionnels, qui soulignent les risques à opérer des auto-diagnostics en ligne, sur la base d’informations qui ne sont pas toujours fiables. Depuis novembre, la Haute autorité de santé a donc entrepris une certification des sites internet qui, s’ils sont volontaires, pourront recevoir un label officiel garantissant le sérieux de leur contenu.
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