
La mésothérapie vient du monde du sport. Puis cette méthode, qui consiste en l'injection d'un médicament sous la peau avec un pistolet à aiguilles, s'est répandue dans le monde de la médecine esthétique, notamment pour lutter contre la cellulite.
Mais selon le Parisien de mardi, treize femmes et un homme ont contracté une grave infection après des séances chez un médecin généraliste du XIIe arrondissement de Paris à l'automne dernier. Toujours selon le quotidien, certains patients ont le bas du corps couvert de "cicatrices et de trous" après "l'ablation de plus d'une centaine d'abcès". Tous sont suivis au CHU Henri-Mondor à Créteil. "Mon corps est mutilé (...) Je vis un vrai calvaire", raconte au Parisien une des victimes, qui a déjà subi trois interventions chirurgicales.
"Mettre de l'ordre"
Un problème d'hygiène serait à l'origine de ces infections : si toutes les aiguilles utilisées étaient bien stériles, le médecin se serait contenté de nettoyer le pistolet à l'eau et au savon. La présence d'une dangereuse bactérie dans les canalisations du cabinet auraient provoqué l'infection nosocomiale. Le docteur Denis Laurens, président de la Société française de mésothérapie, explique lui au Parisien que le praticien a voulu diluer dans de l'eau le produit aseptisant habituellement utilisé pour le pistolet. Si ce dernier reconnaît qu'il "faut mettre de l'ordre" dans la branche esthétique de la mésothérapie, il récuse toute dangerosité de la méthode.
Dimanche dernier, lors de l'émission Le Grand Rendez-Vous d'Europe1/TV5Monde/Le Parisien-Aujourd'hui, le Professeur Laurent Lantiéri avait mis en garde contre les risques de la mésothérapie, "une médecine douce avec des complications dures" et qui n'est "absolument pas validée scientifiquement". "Parfois ce sont des germes extrêmement corrosifs, il faut faire des gros trous pour guérir", avait poursuivi le chirurgien, invitant à évaluer les méthodes de la médecine esthétique, à contrôler cette pratique. Quant aux femmes, il leur conseille de ne "pas se faire injecter n'importe quoi par n'importe qui".
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