
Sept prévenus comparaîtront fin 2007 devant le tribunal correctionnel de Paris pour leur responsabilité dans le scandale de la fabrication et de la diffusion d'hormones de croissance contaminées par la maladie de Creutzfeldt-Jakob entre 1983 et 1985. Durant cette période, plus de 2000 enfants avaient été traités, et 110 sont décédés entre 1990 et 2007.L'enquête, ouverte en 1991, a mis en évidence la contamination de plusieurs lots d'hormones et des dysfonctionnements en France dans la collecte sur des cadavres d'hypophyse, une glande située à la base du cerveau, utilisée dans la fabrication de l'hormone de croissance dite "extractive". La collecte était centralisée par l'association France-Hypophyse, qui détenait le monopole en France. L'hormone était ensuite fabriquée dans le laboratoire URIA de l'Institut Pasteur à Paris où la justice également relevé des anomalies.Prélèvements dans les morguesDès 1980 pourtant, le professeur Luc Montagnié avait alerté ce laboratoire sur les risques de contamination infectieuse liés à l'utilisation de l'hormone d'origine humaine. Or, l'instruction a montré que la fabrication et la diffusion de l'hormone a continué de la même façon jusqu'en mai 1985. L'Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS) avait également révélé en 1992 que des prélèvements s'étaient faits au mépris des précautions les plus élémentaires, dans certaines morgues de services de maladies infectieuses.Parmi les personnes renvoyées figurent des dirigeants de France-Hypophyse, de l'institut Pasteur, ou encore des médecins collecteurs des hypophyses. Tous devront répondre des chefs d'"homicide involontaire" et "tromperie aggravée", à l'exception d'un prévenu, qui devra répondre uniquement de la première qualification.
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